À l’initiative de Jean-Yves Mollier, professeur émérite à l’UVSQ, des auteurs publiant chez Fayard réclament l’introduction d’une clause de conscience dans leurs contrats. Une demande formulée après la reprise en main de la maison d’édition par Vincent Bolloré, dans un contexte de tensions croissantes dans le secteur.
Une demande portée par des chercheurs après une tribune
La démarche est lancée par 17 chercheurs, dont Jean-Yves Mollier (Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines) et Ludovic Tournès (Université de Genève).
Dans une tribune publiée dans Le Monde le 16 avril 2026, ils demandent à récupérer leurs droits d’auteur après le refus de la direction de Fayard.
Leur objectif est d’introduire une clause de conscience dans les contrats d’édition, afin de pouvoir se désengager en cas de changement de ligne éditoriale.
Une crise déclenchée par le départ d’Olivier Nora chez Grasset
Cette initiative intervient dans un contexte plus large de tensions au sein du groupe Hachette.
Le 14 avril, Olivier Nora, PDG de Grasset depuis 2000, est licencié. Dans la foulée, plus de 100 auteurs annoncent leur départ de la maison.
Parmi eux figurent Virginie Despentes, Sorj Chalandon et Bernard-Henri Lévy.
Cette mobilisation est notamment documentée par 20 Minutes.
Les signataires expliquent collectivement :
« Nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset. »
Une clause pour rompre avec un éditeur en cas de désaccord
En parallèle de ces départs, les chercheurs à l’origine de la tribune formulent une demande juridique.
Ils souhaitent pouvoir récupérer leurs droits si la ligne éditoriale évolue de manière significative.
Le refus de Fayard de restituer ces droits constitue un point central de la contestation.
Jean-Yves Mollier décrit une situation inédite dans le secteur :
« Je n’ai jamais vu ça. C’est la preuve de l’ampleur du séisme provoqué par l’arrivée de Bolloré dans ce milieu. »
Une contestation liée à la nouvelle direction de Fayard
Cette crise intervient après deux décisions liées à Vincent Bolloré, propriétaire du groupe Hachette.
D’une part, le remplacement d’Olivier Nora à la tête de Grasset par Jean-Christophe Thiery.
D’autre part, la nomination de Lise Boëll à la direction de Fayard en 2024
La directrice a notamment publié des ouvrages de personnalités politiques comme Éric Zemmour ou Jordan Bardella.
Certains auteurs refusent d’être associés à cette orientation éditoriale.
Un enjeu plus large pour la liberté éditoriale
Au-delà du cas Fayard, les signataires de la tribune défendent la possibilité de récupérer leurs droits en cas de changement éditorial majeur.
L’objectif est de préserver un espace de liberté dans un secteur marqué par une forte concentration.
Des professionnels du livre alertent également sur ces évolutions. ActuaLitté évoque notamment une « mise au pas d’Hachette »