Dans les Yvelines, le concert printanier des grenouilles vertes

Publié le 22 mai 2026

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Dans les Yvelines, le concert printanier des grenouilles vertes

Reportage vidéo : Nicolas Dubois / Article : Wilfried Richy

Émission

Avec le retour du printemps, les mares et les points d’eau des Yvelines résonnent du chant des grenouilles vertes. Derrière ce signal familier se joue la saison de reproduction d’amphibiens très dépendants des zones humides.

Le printemps a aussi sa bande-son. Dans les Yvelines, dès que les températures remontent, un concert s’installe autour des mares, des étangs et des rivières calmes : celui des grenouilles vertes.

Sous cette appellation se cachent en réalité plusieurs espèces ou formes proches, souvent difficiles à distinguer à l’œil nu. Ce groupe d’amphibiens fréquente les milieux où l’eau reste présente assez longtemps pour permettre la reproduction : mares, marais, tourbières, fossés, étangs ou bras d’eau peu agités.


Un chant pour séduire et défendre son territoire

Après l’hiver passé à l’abri, parfois dans la vase ou au fond de l’eau, les grenouilles ressortent avec la saison de reproduction. Les mâles prennent alors place à la surface et gonflent leurs sacs vocaux, visibles de part et d’autre de la gorge.

Ce chant puissant n’a rien d’anodin. Il sert à attirer les femelles, mais aussi à signaler la présence d’un mâle aux autres concurrents. Dans l’eau, l’accouplement est suivi de la ponte : les œufs sont déposés en petits amas, souvent dans les zones peu profondes ou près de la végétation aquatique.

La LPO situe la reproduction de la grenouille verte plutôt en avril-mai, avec des œufs déposés en paquets qui tombent au fond de l’eau, avant l’éclosion puis la métamorphose des têtards.

Les mares, petits refuges sous pression

Ce concert printanier dépend d’un milieu fragile : la mare. Petite par sa taille, elle joue pourtant un rôle majeur pour la biodiversité locale. Elle accueille des amphibiens, des insectes, des plantes aquatiques et tout un cortège d’espèces liées aux zones humides.

Ces habitats restent vulnérables. Urbanisation, comblement, disparition des points d’eau, assèchement des sols ou dérèglement climatique réduisent leur présence et leur qualité. Le Plan national milieux humides rappelle que les zones humides ont fortement régressé au XXe siècle et que leur préservation reste un enjeu d’intérêt général.

En Île-de-France, la grenouille verte est bien suivie par les observatoires naturalistes : Biodiv’îdF recense des observations de Pelophylax kl. esculentus sur plusieurs centaines de communes franciliennes.

Préserver une mare, éviter son comblement, conserver des berges végétalisées ou créer un point d’eau adapté dans un jardin participent donc à maintenir ces petits réservoirs de vie. Au printemps, leur présence s’entend avant même de se voir.

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