Versailles mise sur la géothermie pour décarboner son réseau de chaleur

Publié le 07 janvier 2026

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Versailles mise sur la géothermie pour décarboner son réseau de chaleur

Article : Clara De Frutos / Reportage vidéo : Patrick Jacques de Dixmude

Reportage

Versailles décarbone son réseau de chaleur grâce à la géothermie. Une source d’énergie renouvelable déjà bien implantée en Île-de-France, première région géothermique d’Europe. Un vaste chantier est engagé dans la commune jusqu’en 2030, avec à la clé une réduction d’environ 70 % des émissions de CO₂.


Se chauffer de manière décarbonée : à Versailles, cette perspective devient concrète grâce à la géothermie. Jusqu’à présent alimenté par des chaudières au gaz, le réseau de chaleur de la commune s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de son développement.

Après plus d’un an de travail et l’étude de plusieurs appels d’offres, la commune a choisi de confier l’exploitation et la transformation de son réseau à ENGIE Solutions. Le contrat d’une durée de 32 ans a été signé le 18 décembre dernier. « La signature de ce nouveau réseau est très importante. Cela représente 32 ans de concession et un changement profond de cette infrastructure », explique Franck Lacroix, directeur général adjoint du groupe.

L’objectif est double : réduire l’empreinte carbone du territoire et renforcer son indépendance énergétique. Par ailleurs, « l’enjeu est aussi de multiplier par deux la quantité d’énergie dont pourront bénéficier les Versaillais et les Versaillaises, en s’appuyant notamment sur la géothermie », précise-t-il.

La géothermie, une technologie déjà implantée en Île-de-France

La géothermie est une technologie connue en Île-de-France, puisqu’elle est aujourd’hui première région géothermique d’Europe. Il s’agit d’une source d’énergie renouvelable qui exploite la chaleur naturelle de la Terre.

Pour fonctionner : deux puits, appelés doublet , vont être forés pour extraire l’eau chaude de la nappe souterraine du Dogger, située à 1 500 m de profondeur. Le premier, appelé puit de production, va extraire l’eau géothermale. Une fois à la surface, un échangeur thermique récupère la chaleur de cette eau pour la transmettre à un second réseau d’eau : le réseau de distribution. L’eau géothermale extraite est ensuite réinjectée dans la nappe souterraine du Dogger grâce à un second puit : le puit de réinsertion. 

À Versailles, le projet prévoit la construction de quatre échangeurs géothermiques et de huit pompes à chaleur. La chaufferie existante sera également rénovée et continuera d’assurer l’appoint énergétique. « Notre réseau de chaleur de 23 kilomètres va être étendu à 35 kilomètres, soit 18 kilomètres supplémentaires », précise François de Mazières, maire de Versailles.

Par ailleurs, le maire souligne l’intérêt économique du dispositif : « C’est une ressource dite illimitée, qui permet d’avoir un prix qui reste stable dans le temps. »

« À terme, ces équipements permettront d’atteindre 69 % d’énergies renouvelables dans le total des énergies consommées par la ville », précise François de Mazières, maire de Versailles.

Grâce à ce changement de modèle, la Ville de Versailles estime pouvoir réduire d’environ 70 % les émissions de CO₂ liées à son réseau de chaleur. Le chantier, qui s’inscrit dans une trajectoire de long terme, représente un investissement total de 110 millions d’euros.

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