Une nouvelle histoire commence. Vendredi 25 septembre, à 20h45, l’équipe de France retrouvera la compétition face à la Turquie pour son entrée en Ligue des nations. Mais, au Kocaeli Stadyumu, le résultat ne constituera pas le seul centre d’attention. Pour la première fois, Zinédine Zidane prendra officiellement place sur le banc des Bleus en qualité de sélectionneur.
Vingt ans après sa dernière apparition avec le maillot tricolore, l’ancien numéro 10 retrouve donc l’équipe de France dans un costume radicalement différent. Son premier rendez-vous s’annonce déjà révélateur. Face à une sélection turque difficile à manœuvrer à domicile, Zidane devra poser les premières pierres de son projet tout en lançant une campagne particulièrement dense.
La France évolue dans le groupe A1 avec la Turquie, la Belgique et l’Italie. Après Kocaeli, les Bleus se déplaceront en Belgique le 28 septembre avant de recevoir l’Italie le 2 octobre puis les Belges trois jours plus tard.
Zidane veut changer sans tout bouleverser
Depuis sa prise de fonctions, Zinédine Zidane dessine progressivement les contours de sa nouvelle équipe de France. Pourtant, le sélectionneur ne souhaite pas effacer ce qui a été construit sous Didier Deschamps.
« Il n’y a pas de rupture, c’est une continuité », expliquait-il lors de l’annonce de sa première liste. Le nouveau patron des Bleus conserve ainsi plusieurs cadres du dernier Mondial, parmi lesquels Kylian Mbappé, Dayot Upamecano ou encore Adrien Rabiot. Dans le même temps, il ouvre la porte à une nouvelle génération. Plusieurs joueurs découvrent ainsi le groupe pour ce premier rassemblement.
Sur le terrain, les premiers entraînements livrent également quelques indices. Zidane a notamment travaillé avec un système en 4-3-3 lors d’une séance à Clairefontaine. Ousmane Dembélé a occupé l’axe de l’attaque tandis que Rayan Cherki a évolué dans un milieu à trois. Des essais qui ne garantissent évidemment pas la composition de vendredi, mais qui donnent une première indication sur les réflexions du sélectionneur.
L’équilibre semble d’ailleurs constituer l’un de ses premiers principes. Interrogé sur la possibilité d’aligner quatre joueurs offensifs, Zidane avait résumé son approche : « Le plus important, c’est l’équilibre d’équipe. »
Mbappé reste au centre du projet
Dans cette nouvelle aventure, Kylian Mbappé conserve un rôle majeur. Zinédine Zidane a confirmé son capitaine dans ses fonctions et ne cache pas son envie de l’utiliser préférentiellement sur le côté gauche.
« Je l’aime beaucoup à gauche », expliquait le sélectionneur lors de sa première conférence de presse. Un choix qui pourrait permettre à Ousmane Dembélé de retrouver davantage l’axe, où il évolue régulièrement avec le Paris Saint-Germain. Michael Olise pourrait, de son côté, occuper le côté droit.
La préparation du capitaine français a néanmoins connu un léger contretemps. Touché par des symptômes grippaux, Mbappé avait manqué une séance collective en début de semaine, sa situation reste donc particulièrement surveillée à l’approche du déplacement en Turquie.
Au-delà de son capitaine, Zidane devra composer sans Aurélien Tchouaméni, laissé à Madrid afin de poursuivre sa récupération. William Saliba est également annoncé absent en raison d’un problème au dos.
La Turquie, un premier test loin d’être anodin
Pour ses débuts, Zidane n’a pas hérité du déplacement le plus confortable. La Turquie reste sur neuf rencontres sans défaite à domicile en Ligue des nations. Elle possède également plusieurs individualités capables de faire basculer une rencontre, à commencer par Arda Güler.
L’histoire récente invite également les Bleus à la prudence. La France n’a remporté aucune de ses deux dernières confrontations face à la Turquie. En juin 2019, les Tricolores avaient vécu une soirée particulièrement compliquée à Konya avec une défaite 2-0. Quelques mois plus tard, les deux nations s’étaient quittées sur un match nul 1-1 au Stade de France.
Le contexte sera différent vendredi. Mais l’atmosphère turque offrira immédiatement à la nouvelle équipe de France un test grandeur nature.
Une première liste entre cadres et nouveaux visages
Zidane a également profité de son premier rassemblement pour ouvrir les portes de Clairefontaine à de nouveaux profils.
Guillaume Restes, Jérémy Jacquet, Andy Diouf, Lucas Da Cunha et Esteban Lepaul figurent notamment parmi les joueurs initialement appelés pour découvrir l’environnement des Bleus. Eduardo Camavinga effectue, lui, son retour dans le groupe.
Ces choix illustrent la ligne suivie par le nouveau sélectionneur : conserver une ossature expérimentée tout en observant des joueurs susceptibles d’incarner progressivement la suite.
Car ce rassemblement dépasse largement le seul rendez-vous de Kocaeli. Quatre rencontres attendent les Français en seulement dix jours. Zidane disposera donc immédiatement d’un laboratoire grandeur nature pour tester ses associations, installer ses principes et répartir les temps de jeu.
Turquie-France, première page de l’ère Zidane
Vendredi soir, tous les regards se tourneront forcément vers le banc français. Zinédine Zidane connaît parfaitement le poids du maillot bleu. Il doit désormais découvrir celui du costume de sélectionneur.
Ce Turquie-France marquera ainsi bien davantage que le lancement d’une nouvelle Ligue des nations. Après près de quatorze années sous la direction de Didier Deschamps, l’équipe de France entre dans un nouveau cycle.
Zidane l’a lui-même résumé au moment de prendre ses fonctions : « Il n’y a pas forcément un chantier mais une équipe à mener d’une autre manière. »
À Kocaeli, cette autre manière prendra pour la première fois la forme d’un match officiel.