Forêts franciliennes : la Région veut reprendre la main sur la gestion des grands massifs publics

Publié le 24 septembre 2026

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Forêts franciliennes : la Région veut reprendre la main sur la gestion des grands massifs publics

Exocet Kayes

Chronique

La Région Île-de-France veut faire évoluer la gestion de ses grandes forêts publiques. Réuni en séance plénière mercredi 23 septembre, le Conseil régional a adopté une motion demandant à l’État la création d’un statut particulier pour les forêts urbaines et périurbaines. La collectivité souhaite également donner davantage de poids aux élus locaux et expérimenter un transfert de leur gestion à l’échelle régionale.

Avec près de 287 000 hectares de forêts, l’Île-de-France dispose d’un important patrimoine forestier. Ces espaces couvrent près d’un quart du territoire régional et accueillent environ 100 millions de visites chaque année.

Des règles spécifiques pour les forêts franciliennes

Aujourd’hui, l’Office national des forêts (ONF) gère près de 94 000 hectares de forêts publiques dans la région, dont plus de 74 000 hectares de forêts domaniales. Parmi elles figurent notamment les massifs de Fontainebleau, Rambouillet, Montmorency, Saint-Germain-en-Laye ou encore Meudon.

Cependant, la Région estime que leur proximité avec des secteurs fortement urbanisés nécessite une gestion spécifique. Elle demande donc à l’État de créer un statut particulier pour ces forêts et souhaite que les maires participent davantage aux décisions prises par l’ONF.

Le changement climatique renforce également les enjeux. Sécheresses, dépérissement de certaines essences et incendies fragilisent les massifs franciliens. Depuis 2023, l’État classe d’ailleurs l’Île-de-France parmi les nouveaux territoires exposés au risque d’incendie.

« Nos grandes forêts franciliennes ne sont pas des forêts comme les autres »

Pour Yann Wehrling, vice-président de la Région chargé de la Transition écologique, du Climat, de l’Énergie et de la Biodiversité, les spécificités franciliennes justifient cette évolution.

« Nos grandes forêts franciliennes ne sont pas des forêts comme les autres. Elles sont au cœur de la vie quotidienne de millions de Franciliens, à quelques kilomètres seulement des zones les plus densément peuplées », souligne-t-il.

Selon l’élu, leur gestion doit ainsi concilier plusieurs priorités : préserver la biodiversité, adapter les massifs au changement climatique, protéger les paysages et répondre à la forte fréquentation du public.

La Région demande également que le contrat 2026-2030 entre l’État et l’ONF prévoie des objectifs et des moyens spécifiquement consacrés aux forêts urbaines et périurbaines.

Vers une régionalisation de la gestion des forêts ?

La motion va plus loin. La Région demande à l’État d’expérimenter un transfert de la gestion de certaines forêts publiques urbaines et périurbaines. Elle dispose déjà d’une expérience dans ce domaine puisque près de 11 000 hectares de forêts régionales ouvertes au public sont gérés par Île-de-France Nature.

Cette demande intervient dans un contexte particulier. Après l’incendie qui a touché le massif de Fontainebleau durant l’été 2026, la Région avait déjà annoncé son intention d’engager une réflexion sur la régionalisation de la gestion des forêts publiques.

L’adoption de cette motion ouvre désormais une nouvelle étape. Pour que cette évolution se concrétise, l’État devra toutefois accepter de faire évoluer le cadre actuel et d’expérimenter ce transfert de compétences.

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