Municipales 2026 : les Français opposés à un recul des politiques écologiques

Publié le 15 janvier 2026

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Municipales 2026 : les Français opposés à un recul des politiques écologiques

William Morel

Chronique

À deux mois des élections municipales, une étude publiée par l’institut IFOP pour Réseau Action Climat et Secours Catholique – Caritas France met en lumière les attentes des Français en matière de transition écologique et sociale à l’échelle locale. Cette enquête révèle un soutien majoritaire aux politiques environnementales déjà engagées et une forte réticence à voir ces politiques remises en question.


Une majorité perçoit déjà les effets du changement climatique

Selon l’étude, 58 % des Français déclarent avoir constaté des effets du changement climatique dans leur quotidien, une perception encore plus élevée (66 %) chez les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Parmi les phénomènes observés, la baisse de l’enneigement, la multiplication des épisodes climatiques extrêmes et l’augmentation des températures sont les plus fréquemment mentionnés.

Cette prise de conscience se traduit par une exigence accrue envers les autorités locales pour mettre en œuvre des réponses concrètes à ces défis. 

La transition écologique considérée comme un enjeu de qualité de vie

L’étude montre qu’une large majorité des Français soutient les mesures de transition à l’échelle municipale, avec :

  • 89 % d’avis favorables pour la création d’espaces verts et la protection des zones naturelles et agricoles.
  • 86 % pour l’adaptation des bâtiments communaux aux effets du changement climatique.
  • 85 % en faveur du développement des transports communs, du covoiturage et de l’autopartage. 

Ces chiffres indiquent que la transition est perçue non seulement comme une nécessité environnementale, mais aussi comme un facteur de qualité de vie locale, contribuant à la santé, au confort et aux mobilités du quotidien. 

Recul des politiques : un risque électoral pour les candidats

Un point central de l’étude est le rejet net d’un éventuel “retour en arrière” sur les politiques de transition déjà mises en œuvre63 % des électeurs se déclarent gênés à l’idée de voter pour un candidat qui remettrait en cause ces politiques, une proportion qui monte à 72 % dans les villes de plus de 100 000 habitants.

Ce constat s’applique aussi bien aux citoyens des quartiers populaires qu’à ceux des zones urbaines plus étendues. Ce phénomène illustre une volonté réelle de poursuite des engagements en faveur de la transition écologique

Priorités sociales intégrées à la transition

L’enquête met en évidence un attachement à une transition écologique associée à des mesures sociales. Par exemple :

  • 68 % des Français soutiennent la priorité donnée aux plus démunis dans les politiques locales de lutte contre les pollutions et le changement climatique.
  • 87 % approuvent l’offre de repas plus sains et locaux à tarifs sociaux dans les cantines scolaires

Ces résultats illustrent une appropriation de la transition écologique comme un vecteur d’équité sociale et de justice territoriale. 

Perception économique de la transition

Contrairement à certaines idées reçues, plus de la moitié des personnes interrogées estiment que prolonger la transition écologique pourrait être bénéfique, même si cela implique d’augmenter certains investissements municipaux. Ce positionnement montre une reconnaissance du lien entre politiques environnementales et perspectives économiques locales

Méthodologie

L’étude repose sur deux échantillons représentatifs :

  • 1 004 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la population française.
  • 1 050 habitants des quartiers populaires, représentatifs des QPV. 

Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 3 au 15 décembre 2025.

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